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01 June, 2026

#61 Portrait d’une femme dans le secteur financier : Noémie Vanneste

“Investir en soi-même est le meilleur investissement que l’on puisse faire.”

Mon parcours dans le secteur financier s’est construit autour d’une conviction forte : la finance ne devrait pas être réservée à une élite ou à un profil type. Très tôt, j’ai été attirée par l’investissement, la stratégie et l’impact concret que les décisions financières peuvent avoir sur la vie des gens. Aujourd’hui, travailler dans ce secteur me permet à la fois d’accompagner des clients dans leurs projets et de contribuer à faire évoluer les mentalités autour de la finance.

 

Le véritable tournant de ma carrière a été le moment où j’ai compris que mon rôle allait bien au-delà des chiffres ou des produits financiers. J’ai réalisé que la finance pouvait être un outil d’émancipation, particulièrement pour les femmes. C’est à ce moment-là que tout a commencé à avoir du sens pour moi, lorsque j’ai vu que je pouvais transmettre de la confiance, de la pédagogie et aider des personnes à prendre leur place dans un univers qui leur semblait parfois inaccessible.

 

Ce qui me donne aujourd’hui un sentiment de force et d’émancipation, c’est justement cette capacité à accompagner, conseiller et donner aux autres les moyens de prendre des décisions financières en toute confiance. La connaissance financière donne une forme de liberté. Comprendre l’investissement, savoir gérer son patrimoine ou préparer son avenir permet d’être plus indépendant et plus serein.

 

Le secteur financier a évolué ces dernières années en matière d’inclusion. On voit davantage de femmes accéder à des postes à responsabilité et les entreprises prennent davantage conscience de l’importance de la diversité. Mais il reste encore du chemin à parcourir. Certaines représentations persistent, notamment autour du leadership féminin ou de la place des femmes dans l’investissement et la gestion de patrimoine.

 

Au-delà de l’inclusion au sein des entreprises, je pense qu’il est essentiel d’élargir cette démarche à nos clients et à la société de manière plus globale. Personnellement, j’aimerais contribuer à démocratiser davantage l’investissement auprès des femmes. Aujourd’hui encore, beaucoup d’entre elles investissent moins que les hommes, non pas par manque de capacité, mais souvent par manque de confiance, de représentation ou d’éducation financière accessible.

 

Les freins sont multiples : une culture où l’argent reste parfois un sujet tabou, le manque de modèles féminins visibles dans la finance, une communication financière encore très technique, ou encore la peur de prendre des risques et de “mal faire”. Pourtant, les femmes ont souvent une approche de l’investissement très réfléchie, disciplinée et tournée vers le long terme. Il est donc essentiel de leur donner davantage d’outils, d’accompagnement et de visibilité pour qu’elles se sentent pleinement légitimes.

 

Si je pouvais parler à mon “moi” plus jeune, je lui dirais de ne jamais attendre de se sentir “parfaitement prête” avant d’oser. Dans la finance comme ailleurs, la confiance se construit avec l’expérience. J’encouragerais aussi les jeunes femmes qui souhaitent évoluer dans ce secteur à ne pas se limiter elles-mêmes et à prendre leur place avec ambition. La compétence n’a pas de genre.

 

À mon “moi” plus âgé, j’aimerais poser une question simple : “As-tu réussi à avoir l’impact que tu voulais avoir ?” Parce qu’au fond, ce qui compte pour moi aujourd’hui, ce n’est pas seulement la réussite professionnelle, mais aussi la capacité à inspirer, transmettre et ouvrir des portes à d’autres.

 

Pour moi, un leadership inspirant et inclusif est un leadership qui écoute, valorise les différences et crée un environnement dans lequel chacun peut s’exprimer librement et évoluer. Un bon leader ne cherche pas à formater les personnes, mais à révéler leur potentiel.

 

L’allyship signifie pour moi utiliser sa position, sa voix ou son influence pour soutenir activement les autres, notamment les personnes qui sont moins représentées ou moins entendues. Ce n’est pas seulement soutenir une idée en théorie, mais agir concrètement pour créer plus d’équité et d’opportunités.

 

À l’avenir, j’aimerais voir un secteur financier plus accessible, plus transparent et plus représentatif de la société. Un secteur où chacun se sent légitime, quel que soit son genre, son parcours ou son niveau de connaissance financière.

 

Je pense également que des initiatives comme Wo.Men in Finance Belgium jouent un rôle essentiel pour faire évoluer positivement la perception du secteur. En créant des espaces d’échange, de visibilité et de mentorat, nous pouvons montrer que la finance est un secteur humain, innovant et porteur d’opportunités.

 

Pour moi, l’inclusion signifie permettre à chacun d’avoir sa place, sa voix et les mêmes opportunités d’évolution. L’inclusion ne consiste pas seulement à être présent autour de la table, mais à être réellement écouté et valorisé.

 

Enfin, il y a une phrase qui me motive particulièrement :

“Investir en soi-même est le meilleur investissement que l’on puisse faire.”

 

Je trouve qu’elle résume parfaitement mon parcours et ma vision de la finance : la confiance, la connaissance et l’audace sont souvent les premiers capitaux que l’on construit.